Speed Caravan

 

Il y a chez Mehdi Haddab (ex-Ekova, ex-DuOud et Speed Caravan aujourd’hui) une jubilation physique et intellectuelle à faire de la musique, à la rendre intense et fulgurante, à la vivre avec son oud électrique et customisé à travers les possibles qu’elle procure, les imaginaires qu’elle suggère, les rencontres qu’elle favorise. En témoigne sa présence aussi bien sur des grandes scènes comme Glastonbury, Roskilde, Sziget et au Womad que dans des rencontres plus secrètes (concert au Louvre pour une carte blanche au Prix Nobel Le Clézio ; connivence avec Zaha Hadid, l’architecte irakienne Prix Prizker ; adaptation avec Sapho d’un Otello au Théâtre Nanterre-Amandiers). A travers ces expériences variées, Mehdi Haddab conjugue la charge de son instrument dans ses ramifications arabes, berbères, arméniennes ou encore ottomanes, avec un esprit seventies qui pourrait se résumer par l’adage « vivre sans temps morts et jouir sans entraves ». Une filiation naturelle pour celui qui, s’il a vécu un coup de tonnerre esthétique en découvrant Metallica à treize ans, tient pour disque absolu 666, ce double album ovni des Aphrodite’s Child paru en 1971 qu’avait composé Vangelis sur des paroles de Costas Ferris, une référence du rock progressif qui synthétise les expériences psychédéliques de ’époque, des premiers Frank Zappa à King Crimson. Si Mehdi Haddab en pince pour cet âge d’or musical, c’est que son inspiration syncrétique tisse d’un même fil les cultures qui l’ont constituée et créolise ses influences musicales avec les alliés que sa curiosité lui procure. Cette géographie men-tale est manifeste depuis la naissance de Speed Caravan (en référence à un quatrain d’Omar Khayyâm